Extraits de presse


Hymne au soleil

Pour l’heure, dans l’église de Saignon, c’est l’oeuvre de Bruno Ducol Á Corinna, qui est à l’affiche du premier concert du Quatuor Bela, quatre garçons épatants autant que discrets, mettant leur talent au service de la musique avec une fluidité de jeu et une homogénéité de son exemplaires.

Féru d’Antiquité grecque et rythmicien fervent, dans la droite lignée de son maître Olivier Messiaen, Bruno Ducol rend hommage dans son quatuor à cordes à Corinna, poétesse grecque  contemporaine de Pindare, à qui l’on attribue l’invention de nouveaux rythmes. Ce sont eux qui tressent l’écriture du quatuor, dans une combinatoire aussi raffinée que secrète. La pièce d’un seul tenant alterne fulgurances rythmiques et plages plus étales, renouvelant d’autant les couleurs et les textures dans un spectre souvent très déployé. La constellation des pizzicati crépitants sous les doigts des interprètes dans la partie centrale est somptueuse dans l’acoustique généreuse de l’église, qui met idéalement en valeur le geste souple et inventif d’une écriture dont Ducol fait ployer les lignes avec une élégance toute singulière.
Michèle Tosi, resmusica, 28-08-2015

 

A l'orient de tout

Maîtrise de Radio-France, le 17 mars 2015

Sur le plateau de l’Auditorium, le choeur et la Maîtrise de Radio France se relayaient ou fusionnaient au sein d’un programme éclectique, tant profane que religieux, où s’inscrivait une création très attendue de Bruno Ducol, A l’orient de tout.
Pour cette commande de Sofi Jeannin et de la Maîtrise de Radio France, à qui l’oeuvre est dédiée, Bruno Ducol s’approprie les textes du poète sino-français François Cheng et conçoit une partition pour trois choeurs d’enfants.
L’écriture inventive et magnifiquement ciselée de Bruno Ducol dans A l’orient de tout, un bijou assurément  qui commence par le souffle, avait de quoi les surprendre. C’est du « qi » (énergie primordiale selon la pensée taoïste) dont il est question dans le premier (Si le veut ton souffle) des cinq poèmes de François Cheng retenus par le compositeur. Avec les trois choeurs convoqués, Ducol opère une véritable orchestration des voix d’enfants (incluant des parties solistes) avec des plans sonores différents où viennent s’inscrire les mots, pris en écho ou diffractés dans l’espace des voix. Exploité dans sa valeur sens autant que dans sa dimension sonore, le texte est centre et présence dans la musique de Bruno Ducol. On y reconnaît les intonations glissées et la manière flexible et sensuelle de conduire les voix, chères au compositeur de Li Po. Ducol excelle dans le rendu des reflets lunaires du troisième poème (Cette lune sur l’eau) où l’ondoiement délicat des voix se colore de sifflet plus minéral. L’écriture exigeante est magnifiquement assumée par les voix de la Maîtrise et la conduite très sûre de Sofi Jeannin, maître d’oeuvre d’une exécution sans faille.
Crédit photographique : Bruno Ducol © DR
Michèle Tosi Resmusica.com 25-03-15


Le navire aux voiles mauves

La vision épique de Bruno Ducol à la MPAA

Féru d’Antiquité et habité d’un imaginaire foisonnant, Bruno Ducol aime s’embarquer dans de grandes aventures sonores, qu’elles soient portées par sa fascination des volcans (Alpaya, Atitlan, Les Cerceaux de feu) ou des récits légendaires (L’Aurore aux paupières de neige ou Les Estampes du désir). Sollicité par la MPAA qui lui passe commande, il renoue avec le récit homérique avec son opéra Le Navire aux voiles mauves, une autre odyssée, un voyage en 3D immergeant le spectateur dans un flot d’images et de sonorités colorées autant qu’évocatrices. L’odyssée regorge de trouvailles, avec son potentiel d’énigmes et d’étonnement: du Volcan de l’Effroi, dans le centre de l’île du brasier, à la falaise de Sappho qui s’élance sur la mer, en croisant les Sirènes de la férocité et Circé « qui verse aux matelots des filtres redoutables ». C’est la veine poétique de Gilbert Lascault, fidèle collaborateur et rêveur d’inouï, qui nourrit ce récit plein d’épices et de saveurs, introduit et refermé par la sonorité d’une conque marine confiée au corniste.


Sous la direction de Philippe Nahon placé à cour, avec son petit ensemble d’élèves instrumentistes – rappelons qu’à la MPAA les artistes sont amateurs – les chœurs, tous collégiens et remarquablement préparés, donnent au récit, conduit par deux chanteurs solistes, son épaisseur, son souffle et sa résonance. Bruno Ducol aime retrouver dans la ligne vocale un certain état primitif du chant, lié aux pratiques populaires, qui favorise le glissando et le timbre délicieusement détempéré. Fasciné par le rituel balinais, il fait revivre, dans le deuxième tableau, les rythmes du kecak balinais confié au chœur assis en cercle autour du narrateur qui scande ses paroles. Capitaines d’un navire dont la voile, en fond de scène, est aussi le support de la vidéo, Pauline Leroy et Vincent Bouchot mènent l’aventure, entre voix chantée et récit parlé, avec une autorité exemplaire et un ton très chaleureux. Le piano et la percussion sont largement sollicités et colorent de leurs textures raffinées la ligne mélodique soliste au profil souvent incantatoire. Au centre de la scène, une grosse caisse, corps sonore toujours très attractif chez le compositeur, est reliée au dispositif électronique par le biais de capteurs; elle stylise toute à la fois le cratère rougeoyant du volcan et ses explosions et fracas en chaîne que les choristes, mailloches en main, vont déclencher; tandis que Circé et Sappho (incarnée par l’éclatante chevelure rousse d’une jeune fille vu de dos) surgissent de la masse du chœur.  Autant d’éléments actifs pour une mise en espace dont la partie électroacoustique spatialisée (sons naturels captés et chœur virtuel) creuse la profondeur et suscite l’air du large. L’artiste Camille prête sa voix (enregistrée comme celle d’Amandine Trenc) et son visage dans le traitement vidéo très étonnant de Lorenzo Brondetta, apportant sa part d’onirisme à ce périple initiatique merveilleusement monté par Bénédicte Lesenne-Assam pour donner corps à la vision épique de Bruno Ducol.

par Michèle Tosi


Six études de rythme, pour piano seul

La pianiste canadienne Louise Bessette avait, à cette occasion, traversé l’Atlantique pour venir jouer les Six études de rythme (premier des trois Cahiers d’études écrits à ce jour par le compositeur) qu’elle avait créés à Radio France en 1992. La vigueur et la solidité de jeu de cette militante de la musique d’aujourd’hui donnaient le juste relief d’une écriture fermement conduite.
(Michèle Tosi – Resmusica. oct. 2009)

« Rythmicien et féru d’Antiquité » pourrait-on dire du compositeur Bruno Ducol, pour tenter le rapprochement avec Olivier Messiaen, son maître, dont l’esprit plane sur les quatre Études de rythme op.20. L’œuvre est une commande de Radio France que Ducol dédie à Louise Bessette, qui en fut la créatrice. On admire, à la suite de Debussy, l’acuité du trait, le geste souvent volcanique (Impulsions) et la complexité rythmique qui se joue au sein d’une écriture procédant par plans sonores en tuilage ou superposition (Perpetuum mobile). Chaque étude a son dédicataire, sa source poétique et son hommage parfois : Volumes-Durées est écrite pour Louise Bessette, hommage à la Pythie, d’après Henri Pichette. La pièce est puissante sous le geste investi de la pianiste, Ducol envisageant toutes les capacités résonnantes d’un instrument entendu ici dans sa dimension jubilatoire. Acis et Galatée, notre préférée, est dédiée à Claude Helffer d’après Henri Michaux. L’espace du clavier y est graduellement découvert selon une progression rhizo mique et une trajectoire magnifiquement conduite, où Louise Bessette restitue tout à la fois le mystère et la poétique du monde sonore. Michèle Tosi, Resmusica.com 22-06-2017


Incantations & Un air autre ... détaché
2 pièces pour violoncelle seul

Les deux partitions pour violoncelle seul avaient réuni deux jeunes interprètes éminents : le violoncelliste du Quatuor Ebène Raphaël Merlin interpréta par cœur et avec flamme la pièce au titre emblématique Incantations. Quant à Alexis Descharmes (soliste à l’opéra de Paris), il préféra jouer avec la partition, troquant le traditionnel pupitre contre l’écran d’ordinateur, efficace et plus discret, pour donner, à son tour, une interprétation lumineuse et engagée de Un air autre…détaché.
Michèle Tosi (Res Musica, 13 oct. 2009)

 

Alpaya

Le lendemain (10 oct. 2009 à Paris MPAA), le quatuor de percussions Ixtla créait la seconde version – mais non la dernière – d’Alpaya, une œuvre emblématique du compositeur fasciné par les volcans et les mythes qu’ils ont fait naître. Après Nu couché ciel de feu en 2002 (un monodrame pour trois flûtes basses et dispositif électroacoustique) Ducol s’attache à la légende nimbée de mystère d’Alpaya. Elle conte les amours de la petite paysanne des bords du lac Atitlan et du prince Toliman qui, pour échapper à leur sort, se précipitent dans les flots ; effleurant les eaux du lac, Xocomil, le dieu du vent, réunit en un seul accord, les deux âmes éperdues.
Alpaya
est désormais conçue comme un spectacle avec mise en espace, vidéo, dispositif électroacoustique et jeux de lumière. Au centre de la scène, une grosse caisse, l’instrument tribal autant que l’astre irradiant sa lumière, est le lieu du rituel, livrant sa peau aux improvisations ferventes des quatre percussionnistes du Quatuor Ixtla. Bruno Ducol associe la puissance incantatoire des voix (diffusées par les haut-parleurs) à la fulgurance des rythmes (claviers, métaux et peaux s’inscrivant en demi cercle au fond de la scène) et l’aura des résonances pour nous embarquer dans la légende et nous plonger dans un cérémonial communicant tout à la fois sa force évocatrice et son monde d’étrangeté.
(Michèle Tosi – Resmusica. oct. 2009)

 

L'Écrit du Cri

[...] Bruno Ducol, lui, avec la pièce la plus longue du disque, théâtralise ces cris et nous en jette plein les oreilles. Propos violents, propagande ou appels à l'aide : les cris sont ici magnifiés, sublimés. Ajoutons que l'Ensemble Clément Janequin s'adapte avec merveille [...] les textes sont toujours donnés avec une diction parfaite et compréhensible, l'intonation toujours juste, les onomatopées jamais grossières ... (Rodolphe Bruneau-Boulmier - Classica, oct. 2009)

 

L'Écrit du Cri
CD Harmonia Mundi

Comment donner de la voix, des voix même, à la peinture emblématique d'Edgar Münch ? Chacun imagine son chemin en la matière. Par exemple en puisant dans le savoureux répertoire de la Renaissance [...] Ou encore en interrogeant l'immense réserve née de la Grande Guerre ... A côté des classiques, frôlant au passage Vincent Scotto, on ne peut éliminer l'inspiration la plus sombre, celle des moments tragiques de notre dernier siècle et les convulsions d'un monde en guerre. Sur un poème, déjà musique lui-même, de Dominique Dubreuil, Bruno Ducol a bâti une étrange polyphonie avec les cris des victimes de la torture. Parvenu à la limite du sadisme, le cri se fait pourtant lumière en quelques notes. L'Ensemble Clément Janequin, grâce à la diversité de ses registres, se montre à la hauteur de cette curieuse "fricassée". (Philippe Andriot, juin 2009)


Le Cri , pour ensemble vocal

Le cri op. 34 de Bruno Ducol [...] jaillit comme un geste de révolte, avec la violence et l’obsession qui l’accompagnent. Hommage à Ingrid Bétancourt, Le cri, sur un texte de Dominique Dubreuil, amplifie jusqu’au malaise la portée de ces voix dont les mots résonnent en différentes langues, celles des tortionnaires et victimes mêlant leurs timbres multiples dans une spirale de la peur saisissante.
(Michèle Tosi – Resmusica. 9 juillet 2007)

 

Treize fenêtres
at the Getty Center of Los Angeles

[...] the North American premiere of Bruno Ducol’s “Treize fenêtres” - an enterprising attempt by the ensemble (witch commissioned it) to expand its repertoire. The roughly 25-minut work consists of 13 pointillistic vignettes featuring occasional taped voices and deadened plunking and strumming of piano strings [...]
(Richard S. Ginell - The Los Angeles Times. 4 avril 2006)


Jalousies de jardin. Peinture : Fabien Ducol

[...] Entrouvrons «Treize fenêtres» : le 3e cahier d’études rythmiques pour 2 pianos, percussion et voix, joue «sur plusieurs tableaux». Au fond d’un dispositif spatio-temporel complexe, les Prisons de Piranese installent leur machinerie sans mode d’emploi : elles drainent vers un présent suspendu les signes du passé antique, l’indéfini du châtiment sans motifs ni limites dans le temps. Sur ce «décor», les fenêtres, soupiraux et jalousies découpent leurs paysages, leurs entrées si différentes : à la clarté quasi-abstraite de Vermeer ou au bonheur sensuel de Bonnard ou Matisse se heurte le tenebroso de Rembrandt, Soulages ou Tapiès. La trame rythmique plus ou moins régulière «calée» sur le décor piranésien s’y modifie d’autant plus que s’ajoutent des inserts de voix pré-enregistrées, des citations en exergue (comme dans les «cartouches» au fronton de chaque monument gravé) ou dites par un récitant, orientant chaque pièce dans un sens qui se fait miroir de Chronos, Eros ou Thanatos. Ainsi à la 11e fenêtre, l’entrée en scène du Narrateur proustien (celui qui aura pourtant fini par avouer : «j’avais bien regardé ma grand-mère, et Albertine») : en voyage à Venise avec sa mère, et la regardant l’accueillir de loin avec amour, il sauve «une minute affranchie de l’ordre du temps». Avec ces méditations expérimentales, on est loin d’études rythmiques techniciennes ? Oui. Orphée merci ! A propos, quand vous allez à vos «fenêtres dormantes» qui sont «porte sur le toit», à quoi pensez-vous, et que voyez-entendez-vous ?
(Dominique Dubreuil, La lettre de Musique Nouvelle en Liberté,  Paris, janvier 2006)

 

« L’atelier contemporain » de Corinne Schneider au CNR de Paris accueillait une «classe de maître » donnée par Jean-Claude Pennetier [...] Jean-Claude et France Pennetier avaient choisi l’avant-dernière des sept Vibrations chromatiques (2001) de Ducol, « pièces d’études rythmiques » pour deux pianos faisant suite à un premier cahier de Six études de rythme (1992) pour piano seul. Dans cette Femme en transe par la fuite des étoiles filantes, que le compositeur qualifie lui-même de « climatique », l’économie de moyens – cordes pincées, marmonnement de la pianiste, brefs éclats des claviers – est inversement proportionnelle à la force poétique [...]


 Le troisième cahier, intitulé Treize fenêtres (2006), est écrit pour deux pianos et percussion, un effectif correspondant à celui du trio formé en 2004 par les époux Pennetier et leur fils Georges, auxquels la partition est dédiée. Deux pianos et percussion , soprano, haute-contre et chœur d’enfants accompagnaient déjà, dans Li Po (1994), mais le propos affiche ici une plus grande ambition.


 Rythme antique fondamental et générateur, voix préenregistrées (chant, récits en français ou en anglais, fraîcheur des questionnements enfantins) venant colorer quelques pièces – on reconnaît certes l’élève de Messiaen et Schaeffer. Mais ces Fenêtres requièrent en outre un support visuel, avec la projection de tableaux (de Rembrandt à Tapiès en passant par Vermeer, Bonnard, Picasso, Soulages et Irvin) aux côtés desquels sont reproduits les textes préenregistrés.


 [...] vingt-deux minutes inspirées par les «prisons imaginaires » de Piranèse. Libre à lui (l'auditeur) d’associer ainsi ses propres images à ces ouvertures musicales sur l’enfermement dans la souffrance ou le plaisir, comme ces deux fugaces Trouées qui viennent aérer et éclairer Les Soupiraux du Tartare, ou bien les développements raffinés de la pièce conclusive, Les Tabatières de ton corps, invitant «à refaire le chemin, plus fantasmatique que réel, d’un autre Temps retrouvé où, comme chez Proust, s’inverse le rythme de vies successives révolues».



 Simon Corley

 

Vibrations chromatiques, pour 2 pianos

[...] Les Vibrations chromatiques alternent rythmes et couleurs de divers peintres évoqués dans un univers musical singulier. La sixième de ces pièces, Femme en transe par la fuite des étoiles filantes (d’après la toile de Joan Mirò, en noir et jaune) est dédiée à Alexia Guiomar et Javier Gonzàlez Novales. Comme les six autres, cette étude se concentre sur un phénomène rythmique spécifique sollicitant ici, dans les attaques/résonances en forte-piano, le jeu dans les cordes du piano. Rythmes et couleurs puisent leur vitalité dans un jeu de correspondances secrètes avec les toiles de maîtres dont Bruno Ducol s’inspire pour parvenir, selon ses propres termes, «à une translittération de gestes picturaux particulièrement inventifs». La deuxième étude, Composition en rouge et bleu (d’après Piet Mondrian), scrute plus secrètement encore les effets de résonance et l’imbrication de rythmes croisés aux deux pianos en un subtil assemblage sonore, réclamant – comme toute la musique du compositeur – une attention de chaque instant [...]
(Michèle Tosi – L’éducation musicale, Paris, février 2005)

 

Li Po


Jean Nirouët et Yumi Nara, Photo : Jeanne Davy

Un duo vocal, une maîtrise et un ensemble instrumental créent un monde onirique, volontiers parsemé de sonorités rares, fines et nuancées, d’un caractère souvent immatériel. Tout dans Li Po doit amener l’auditeur à affiner son ouïe et à perdre ses points de repères. [...] on atteint ici à une vérité culturelle authentiquement moderne, sans que jamais le compositeur pastiche quelque musique que ce soit, et sans qu’il renonce à ses propres préoccupations créatrices.
(Jacques Bonnaure - La Lettre du Musicien, avril 2001)

[...] Li Po de Bruno Ducol, se caractérise par l’hispanisme d’un chant ensoleillé [...] D’une rudesse bien restituée par un choeur féminin, deux solistes, deux percussions et deux pianos, cette recréation tresse un lien ténu entre Orient et Occident.
(Franck Mallet - Le Monde de la musique, mars 2004)


Nuevo amor

[...] “Nuevo Amor” für Sopran, Klarinette und Schlagzeug angestimmt wurde. Ducol flicht subtile Bande zwischen Sängerin und jeweils einem Instrument [...]
(Martin Riegler - Salzburger Nachrichten, 1999)

[...] L'exotisme de poèmes mexicains est convoqué dans Nuevo Amor de Bruno Ducol, en création, avec une belle stylisation, aux couleurs de la clarinette, de la percussion et de la voix ... Accroche Note au Festival Musica, Strasbourg.
M.M. Dernières Nouvelles d'Alsace, 26-09-2000.

Setting 20 th century Mexican poems for soprano, clarinet & percussion, this work (Nuevo Amor) was characterised by supple and lyrical vocal writing which was supported by a beautifully textured percussion part and by imaginative clarinet writing, mostly for bass clarinet, which made highly effective use of multiphonics.
(Russell Tandy - UMP News,  November 2000)

Au centre, l’oeuvre de Bruno Ducol (Nuevo Amor) révélait une musique forte, sans compromis, mais avec tendresse et sensualité. Les images fortes des poètes mexicains, teintées d’humour (Hanon) mais surtout d’interrogation humaine et amoureuse, étaient traduites avec sensibilité par la voix chaude de Chantal Santon, les sonorités raffinées des percussions d’Alain Pelletier et la présence “parlante” des clarinettes de François X. Bouton.
(Dominique Saur - La Nouvelle République, janvier 2003)

 

Elégie ou le Manteau des Parques


Bruno Ducol et Bernard Desgraupes. Photo : Christophe Abramowitz - Radio France

L’Élégie ou le Manteau des Parques et son extrême raffinement de mise en espace physique et psychique du poème. Le double fond (absence-présence), son côté “nous ne sommes pas au monde”, la superposition des langues, l’entrelacs des voix en incantation (hispanique) ou en profération et des instruments qui rejoignent cette fonction, “l’écoulement de toute chose” qu’instille en arrière-plan l’énoncé d’Héraclite composent un temps suspendu troublant. Et avec les autres recueils où se mêlent Espagne (élargie) et Chine, on se sent approcher d’un monde en état de table d’harmonie, d’une culture qui réunirait dans un espace évidemment imaginaire le Calderon de La vie est un songe, le Claudel du Soulier de satin et tout ce que le roman latino-américain du baroque revisité offre en pleine richesse ...
(Dominique Dubreuil - Plumart, décembre 2002)


Eclats de lune, pour choeur

Dans les Éclats de lune, [...] l’écriture - mobile, voire ludique - sert parfaitement le texte, sans jamais tomber dans une banale description : elle en restitue les aspects tour à tour rêveur, nocturne, liquide, irréel, fantasque, qui trouvent leur traduction dans le caractère souvent aigu et cristallin des voix [...] En tout état de cause, on peut comprendre l’attachement de Ducol au thème de Li Po, tant il incite à une métaphore de l’artiste créateur : tenter, à ses risques et périls, de s’approprier ce qui n’est qu’un insaisissable reflet ...
(Simon Corley - ConcertoNet.com, mai 2002)


Au sujet des pièces vocales de Ducol

Monde merveilleux, irréel, émotion intemporelle. Les voix, immatérielles, semblent s’épandre peu à peu dans l’espace ; les paroles d’une rare beauté, d’une grande finesse et d’une très belle délicatesse, paraissent s’envoler vers le ciel. Le mariage entre l’histoire chinoise et les paroles espagnoles est original. Li Po est une musique venue du coeur de la terre, de la nuit des temps, c’est la mélodie de l’histoire et de ses enfants, les hommes : magnifique et génial.
(Des élèves du Lycée Clémenceau de Montpellier - in La Lettre du Musicien,  avril 2001)

 

CD Éclats et autres pièces vocales

[...] Bruno Ducol possède un goût des plus sûrs. Quand il met en musique des écrivains tels que Tablada, Paz, Novo, Pacheco et Li Po ou le philosophe Héraclite, ce n’est jamais pour masquer la parole : il est de ceux qui accordent la prééminence au verbe. [...] Li Po, ce petit bijou, est merveilleusement servi dans cet enregistrement, surtout par la maîtrise de Radio-France [...] Dans Nuevo amor, éloge de la parole poétique, où chaque syllabe est pesée, Virginie Pesch y est subtile et pudique à la fois, admirable “conteuse”, tout comme ses comparses ... Pas simplement parce qu’y flotte au début un léger parfum bussottien, l’Elégie est plus tournée vers le théâtre, qui superpose voix chantée et récitante. C’est encore une leçon d’économie et d’équilibre entre retenue et lyrisme qu’on entend là ...
(Dominique Druhen, Diapason, décembre 2000)

Ces pages [...] puisent, quant aux textes, à des cultures aussi lointaines que celles de la Chine et de l’Amérique latine. La vocalité témoigne ici, plus que jamais, de son universalité, parce qu’elle touche au coeur de l’humain. L’écriture très souple de Ducol, sans cesse attentive à la clarté et à la transparence de la musique, épouse les contours imaginaires de mondes poétiques diversifiés. Le soutien instrumental, lorsqu’il intervient, s’entend plutôt comme en résonance des voix, dont il ouvre plus large encore l’espace. [...] cette musique sert la voix, grâce à son écriture qui donne aux lignes le temps de se développer et aux voix celui de jouer de leur couleur et de leur tessiture.
(Philippe Charru - Études, mai 2001)

 

Les cerceaux de feu, opéra



Anne Bartelloni & Jacques Bona. Photo : Jeanne Davy

[...] La découverte d’une oeuvre incontestable, sulfureuse et risquée, les Cerceaux de feu de Clarisse Nicoïdski et Bruno Ducol [...] Ce duo (Nicoïdski-Ducol) a surpris par la qualité de son travail, son goût de l’envoûtement et du risque - le rôle du frère, comble de l’ambiguïté, est chanté par une haute-contre - un choeur de quatre garçons dit les tourments de l’enfance comme on l’a rarement entendu sur une scène [...]

Une oeuvre exigeante et claire, une audace lyrique qui paie, sans obséquiosité et en ne reniant rien de sa modernité, son tribut au Ravel de l’Enfant et les sortilèges. Et comme une promesse rassurante : l’opéra n’est pas définitivement une discipline de musée.
(Olivier Schmitt - Le Monde, juillet 1991).

Les «Cerceaux de feu» de Bruno Ducol en leur premier état encore inachevé, montrent une trame et des trouvailles musicales qui fait bien augurer de leur achèvement. L’intérêt scénique y contribue déjà par la curiosité qu’il provoque dès l’abord. Images sonores et livret en profonde complicité, permettent d’atteindre une communion qui fera de cet ouvrage un moment de grande qualité dans le répertoire de la jeune musique française d’aujourd’hui.
(Maurice Ohana, le 12-XII-1991).


Luis de Pablo, Bruno Ducol, Madrid 2003

Il y a des années que je connais la musique de Bruno Ducol. J’ai toujours éprouvé pour elle une affinité profonde, en dépit des inévitables et réelles différences de langage et de tempérament. J’en ai admiré la ductilité expressive qui la rend propre au drame. Actuellement, ses «Cerceaux de feu» confirment magnifiquement cette caractéristique. La vigueur de l’écriture est au service de la péripétie dramatique, c’est une évidence de le dire, sans servilisme et sans emphase. Une flexibilité et une adéquation qui me font penser à un Hugo Wolf d’aujourd’hui, mais à la différence que Ducol ne se contente pas d’instants expressifs, il construit des périodes amples où la conscience intervallaire si bien adaptée à la vocalité est servie par un timbre et un rythme imaginatifs et en contraste permanent, en accord avec les nécessités dramatiques agencées – ce qui est admirable – selon un critère musical.
(Luis de Pablo, Madrid, le 29-XI-91).

 

Sonate pour flûte

Sonata” for flute (also piccolo & G flute) and piano by Bruno Ducol is a serious, post-Boulez work. It makes real demands on both performers in duos and solo cadenzas. Although it uses many extended techniques, they are put to the service of musical ideas ...
John Wion - “The instrumentalist” - New York - January 1985.


Metalayï n° 2 pour grand orchestre


Serge Baudo et l'Orchestre National de Lyon, Auditorium Maurice Ravel, 1986

Il faut marquer d’une pierre blanche le dernier concert de l’Orchestre National de Lyon (jeudi 14 mars, redonné le lendemain) : tout un programme était de notre siècle […] Merci à Serge Baudo d’avoir eu le courage d’imposer et de faire travailler de telles oeuvres. L’important, c’était surtout la creation d’une oeuvre pour grand orchestre (“Metalayi n° 2) commandée par le ministère de la Culture à un jeune compositeur encore très peu connu à Lyon […] Bruno Ducol connaît sur le bout des doigts toutes les composantes du langage contemporain et les utilise avec un savoir-faire déjà imposant. Orchestre riche en percussions diverses, utilisant savamment cuivres et bois, enrichi des angoisses de la guitare électrique, préférence du foisonnement des cordes aiguës à la rondeur des basses, piano à cordes frappées et à cordes pincées […] il s’agissait pour Bruno Ducol “de montrer les signes musicaux en mutation, sans les rendre méconnaissables pour éviter la disparité”. Porté par un tempérament dramatique, il a produit une oeuvre brillante et mouvementée […] Les mouvements divers qui ont salué cette création montrent déjà qu’elle n’a pas laissé indifferent. Philippe Andriot, Le Progrès, 17 mars 1985.

[…] L’interprétation de l’oeuvre de Ducol déchaîna littéralement les passions et divisa l’auditoire en deux groupes redoublant d’efforts, tant dans les acclamations que dans les protestations […] Utilisant les richesses d’un grand orchestre auquel s’ajoutent une guitare électrique et un piano, Ducol a créé un climat de rêve et d’angoisse au moyen de longues notes tenues tantôt par les cordes, tantôt par les cuivres, rythmées par l’éclat des percussions déployées et les nombreuses ruptures d’intensité. S’il est difficile de se faire une opinion à première écoute, il faut cependant souligner l’exploration des possibilitées offertes par les instruments de leurs combinaisons dans un ensemble cohérent de couleurs sonores crues que l’O.N.L. semble avoir parfaitement décrit. A.M. Lyon matin, jeudi 21 mars 1985.

 

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