Adonaïs

Musique de Chambre

ADONAÏS ou l'air et les songes

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« Adonaïs ou l'air et les songes [...] est magnifique ! Et aussi, c’est du Ducol à l’état pur: la forme aérienne et cependant solide – grâce à l’expression jamais défaillante – imagination inépuisable, liberté “contrôlée“ (en tout moment on perçoit la logique du discours), etc. toujours la beauté survolant. Beauté tragique, si l’on veut, mais toujours “belle“. Et quelle chanteuse ! »
(Luis de Pablo, Madrid le 11 février 2017)

 

Un Lamento contemporain Adonaïs ou l’air et les songes

Commande du Festival international de Quatuors à cordes du Lubéron en 2016, le quatuor avec voix Adonaïs ou l’air et les songes de Bruno Ducol (né en 1949) s’apprécie comme un long lamento contemporain guidé par le madrigal monteverdien. En outre, l’attrait du compositeur pour les musiques de l’Antiquité lui fait rechercher des timbres archaïsants, inscrivant sa partition dans un espace mythologique évocateur. La voix captivante, mi parlée mi chantée de la soprano Laura Holm, qui maîtrise élégamment ornementation baroque et langages du XXIe siècle, associée au mouvement impétueux et ciselé des cordes des Béla (qu’on entend parfois fredonner, comme chez George Crumb !) restitue la noblesse de cette épitaphe d’après l’élégie du poète Shelley sur la mort de John Keats. Franck Mallet, Musikzen, décembre 2020

BRUNO DUCOL, ADONAÏS, 5 diapasons

Composées entre 2014 et 2016, les œuvres au programme sont le fruit d’une résidence à l’abbaye de La Prée. Au nombre de leurs qualités : une mélodie qui s’épanouit en toute fluidité mais ne s’épanche pas, une polyphonie aussi sobre que sophistiquée.Les cinq sections d’Adonaïs ou l’air et les songes forment un montage poétique à partir de l’élégie éponyme de Shelley. Si Bruno Ducol a ouvert la partie de soprano au souffle, au son sifflé, au parlé et au tremblé très montéverdien, il évite soigneusement le catalogue d’effets pour se concentrer sur une expression qui va droit au but. Laura Holm peut mettre au crédit de son contrôle précis de la ligne mélodique (diction, modulation des timbres et de la courbe dynamique) son apparente spontanéité et sa justesse expressive. Le quatuor à cordes reste discret et se distingue volontiers par l’éclairage qu’il projette sur la partie vocale – sauf dans la quatrième partie où il endosse à l’aide de pizzicatos et de tapping un rôle plus rythmique […] On reste sous le charme durable d’une musique sans faux-semblant.                                 Pierre Rigaudière, Diapason, décembre 2020.


Sources antiques et magie primitive chez Bruno Ducol

Si les références littéraires abondent dans cet album monographique réunissant quatre pièces chambristes de Bruno Ducol, elles s’abreuvent pour la plupart aux sources de la Grèce antique dont le compositeur se fait le chantre inspiré autant que passionné. Adonaïs ou l’air et les songes (2016), la pièce maîtresse de ce CD, est une épitaphe sur la mort de Charles S. Le texte anglais en cinq « chants » s’inspire de la longue élégie de Percy B. Shelley sur la mort de John Keats, invoquant Nature et divinités selon le rituel antique : « Il n’est pas mort, il ne dort point / Il ne fait plus qu’un avec la Nature », écrit le poète. Il importe à Bruno Ducol de donner au texte tout à la fois sa lisibilité et sa valeur plastique et sonore en tressant avec une minutie d’orfèvre un continuum entre la voix et les instruments à cordes.Véritable tragédienne habitée par son texte, la soprano Laura Holm est amenée à explorer toutes les capacités de son registre, louvoyant avec une remarquable fluidité entre voix parlée et chantée ; elle donne une « lecture » aussi sensible que vibrante du verbe anglais dont les couleurs et intonations sont répercutées et prolongées par le quatuor à cordes, les interprètes donnant eux aussi de la voix. Ducol fait appel aux techniques de jeu étendues élargissant la palette des sonorités instrumentales qui évoquent parfois quelque psaltérion antique. La voix est quasi a cappella dans Lost Echo (II) laissant apprécier la conduite éminemment souple de la ligne vocale dont Ducol aime styliser les allures, tel ce « trillo di gorgia » emprunté à Monteverdi ou encore ces retombées glissées qu’il affectionne tout particulièrement. Michèle Tosi, Resmusica, janvier 2021.

Anaclase - Objet sonore

Le CD monographique paru sous label Klarthe réunit trois compositions récentes autour d’une cantate pour soprano et quatuor à cordes. Adonaïs ou l’air et les songes (2016) prend appui sur l’élégie par laquelle le romantique Percy Bysshe Shelley déplorait, en 1821, la disparition du poète John Keats que la phtisie emportait à vingt-cinq ans. « I weep for Adonaïs – he is dead!... » commence, seule, la voix, celle de Laura Holm, artiste franco-étasunienne formée au CNSMD de Paris déjà saluée dans nos colonnes [lire nos chroniques de L’heure espagnole et de Der Zwerg]. Les membres du Quatuor Béla (Julien Dieudegard et Frédéric Aurier, violons ; Julian Boutin, alto ; Luc Dedreuil, violoncelle) la rejoignent bientôt dans ce Lamento à la fois râpeux et aéré dont le recitar’ cantando montéverdien rappelle autant Britten qu’Aperghis. Une ultime section ohne Stimme suspend le mouvement dans une âpreté dolente. Lost Echo saisit l’écoute par ses mélismes a capella sur la moitié de sa durée, prière volubile, description inquiète à peine saupoudrée de discrètes interventions instrumentales. Après un bref Intermezzo énigmatique des cordes, retour de la voix, en révolte dans Calls – « He is not dead » –, laissant poindre un déni empli de cruel espoir. Dans une écriture vocale exigeante, volontiers vertigineuse, on admire l’extrême agilité de Laura Holm, de même que la fiabilité d’une émission des plus précises et d’évidentes ressources expressives. Les échos parlés des musiciens, respirés dira-t-on (« ‘tis Adonaïs calls », ponctuent l’articulation quartettiste drue. Enigmatico, enfin, s’impose telle une élévation néobaroque dans cet exercice de deuil. Bertrand Bolognesi, Anaclase, mai 2021.