Ensembles vocaux

Li Po

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Dans Li Po (1994), les sonorités à la fois claires et douces des instruments à lames et de voix presque immatérielles s’emploient à évoquer à la fois le poète au chant «sonore comme une tasse de jade» et l’astre aux faces alternatives dans le reflet duquel, ivre de vin, il se noie finalement. Car c’est à la lune énigmatique, à l’astre des rêveurs inquiets que s’adresse, zigzaguant à travers le poème en forme de calligramme, cet hymne mélancolique chanté presque toujours à voix simultanées. Cependant le dynamisme qui emporte toute la deuxième section, à partir d’un double solo de percussion et piano, fait alterner les différents poèmes pour évoquer aux choeurs divisés le poète qui se livre à ses facéties. (Daniel Durney, jacquette du CD Eclats et autres pièces vocales, HM76, 1999).

[...] Bruno Ducol possède un goût des plus sûrs. Quand il met en musique des écrivains tels que Tablada, Paz, Novo, Pacheco et Li Po ou le philosophe Héraclite, ce n’est jamais pour masquer la parole : il est de ceux qui accordent la prééminence au verbe. [...] Li Po, ce petit bijou, est merveilleusement servi dans cet enregistrement, surtout par la maîtrise de Radio-France [...] Dans Nuevo amor, éloge de la parole poétique, où chaque syllabe est pesée, Virginie Pesch y est subtile et pudique à la fois, admirable “conteuse”, tout comme ses comparses ... Pas simplement parce qu’y flotte au début un léger parfum bussottien, l’Elégie est plus tournée vers le théâtre, qui superpose voix chantée et récitante. C’est encore une leçon d’économie et d’équilibre entre retenue et lyrisme qu’on entend là ...

(Dominique Druhen, Diapason, décembre 2000)

Ces pages [...] puisent, quant aux textes, à des cultures aussi lointaines que celles de la Chine et de l’Amérique latine. La vocalité témoigne ici, plus que jamais, de son universalité, parce qu’elle touche au coeur de l’humain. L’écriture très souple de Ducol, sans cesse attentive à la clarté et à la transparence de la musique, épouse les contours imaginaires de mondes poétiques diversifiés. Le soutien instrumental, lorsqu’il intervient, s’entend plutôt comme en résonance des voix, dont il ouvre plus large encore l’espace. [...] cette musique sert la voix, grâce à son écriture qui donne aux lignes le temps de se développer et aux voix celui de jouer de leur couleur et de leur tessiture.

(Philippe Charru - Études, mai 2001)

Un duo vocal, une maîtrise et un ensemble instrumental créent un monde onirique, volontiers parsemé de sonorités rares, fines et nuancées, d’un caractère souvent immatériel. Tout dans Li Po doit amener l’auditeur à affiner son ouïe et à perdre ses points de repères. [...] on atteint ici à une vérité culturelle authentiquement moderne, sans que jamais le compositeur pastiche quelque musique que ce soit, et sans qu’il renonce à ses propres préoccupations créatrices.

(Jacques Bonnaure - La Lettre du Musicien, avril 2001)

[...] Li Po de Bruno Ducol, se caractérise par l’hispanisme d’un chant ensoleillé [...] D’une rudesse bien restituée par un choeur féminin, deux solistes, deux percussions et deux pianos, cette recréation tresse un lien ténu entre Orient et Occident.

(Franck Mallet - Le Monde de la musique, mars 2004)

Monde merveilleux, irréel, émotion intemporelle. Les voix, immatérielles, semblent s’épandre peu à peu dans l’espace ; les paroles d’une rare beauté, d’une grande finesse et d’une très belle délicatesse, paraissent s’envoler vers le ciel. Le mariage entre l’histoire chinoise et les paroles espagnoles est original. Li Po est une musique venue du coeur de la terre, de la nuit des temps, c’est la mélodie de l’histoire et de ses enfants, les hommes : magnifique et génial.
(Des élèves du Lycée Clémenceau de Montpellier - in La Lettre du Musicien,  avril 2001)