Musique de Chambre

Nuevo amor

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Extraits
Ensemble Erwartung, soliste Virgine Pesch, Paris 1999


Dama huasteca


Aqui


Hanon


Inscripciones 1


Junto a tu cuerpo

 

 

 

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Nuevo amor

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7 pièces pour soprano, clarinette et percussion, Op. 161
Commande d’Etat, pour l’ensemble Erwartung,
Festival Aspekte de Salsbourg


durée totale : 17' ca

Tout système philosophique où le Corps de l’homme
ne joue pas un rôle fondamental, est inepte, inapte
2

Artaud, Varèse et un certains nombre de créateurs du XX° siècle se sont abreuvés aux sources latino-américaines, sur le terrain comme dans un certain nombre de chef-d’oeuvres de la littérature et de l’art. Comment, sur les lieux même, ne pas être saisi par la puissance de tous ces vestiges ruinés mais encore palpitants lorsqu’au-delà des désastres coloniaux, sourd parfois le breuvage des anciennes cultures où, à la sève d’une nature luxuriante et terrible  se mêle le sang fauve, toujours frais des sacrifices ? Jaillie de la blessure des éléments et de la jeunesse, cette source sulfureuse et amère, garantit cependant pour quelques-uns jouvence et félicité amoureuses.
José Juan Tablada, Salvador Novo, José Emilio Pacheco et d’autres poètes d’aujourd’hui qui y ont goûté toute leur vie, sont entrés dans la généalogie spirituelle du Mexique. On pourra graver leurs noms sur les mystères anonymes des pyramides mayas.

Mais aussi, étonnamment ouverts à d’autres espaces, de l’Extrême-Orient (cf. Li Po y otros poemas de Tablada) ou de l’Europe ( je songe à la collaboration de Novo et Lorca pour Nuevo Amor), tous ces artistes articulent une langue extrêmement singulière. C’est comme si les sonorités de Cummings, Michaux ou Li Bai plongeaient dans les gouffres humides d’ Eluard, de Mandiargues ou Wang Wei pour  recréer un verbe d’avant Babel, le verbe des noces paradisiaques ...

NUEVO AMOR est une ballade musicale, en forme de visite guidée parmi quelques poèmes où s’inscrivent les mystères de l’amour. Chemin faisant, le voyage réactualise des impressions enfouies dans les ruines de l’histoire. La voix - seule - parlée, chantée, parfois même instrumentale - rencontre un partenaire - lui aussi vocal ou instrumental - s’invente alors un nouvel amour. Réalité ou fiction ? On peut répondre, comme Octavio Paz, que seul est réel le brouillard.

À la manière des Éclats de lune, plusieurs poèmes, ici exclusivement mexicains, se répondent, font apparaître les reflets sporadiques de ce Nuevo Amor et s’ordonnent comme les pierres des anciens temples en une forme essentiellement dynamique et qui s’est passablement éloignée du romantique Liederkreis.

Les voix, aux timbres et sens multiples, surgissent telles les gouttes de vie qui filtrent entre les pavés et les ruines d’un amour constamment fragilisé par la corrosion du temps, de la nature et des hommes.
Aux interprètes, la difficile tâche de puiser sous ces quelques traces solfégiques, cette impérieuse énergie, ce philtre unique. En remplir la coupe rituelle d’un phénomène sonore encore inouï. Réinventer  l’amour . Peut-être !

B.D. 1999.

 

1 Éditions NOTISSIMO-LEDUC. Disque HMCD 76, Harmonia Mundi, MFA / Radio-France.
2 Paul Valéry, Cahiers, 1920-21 M VII, 769.

 

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Aspekte-Festival [...] “Amor Nuevo” für Sopran, Klarinette und Schlagzeug angestimmt wurde. Ducol flicht subtile Bande zwischen Sängerin und jeweils einem Instrument [...]
(Martin Riegler - Salzburger Nachrichten, 1999)

«Sillages» : voyage contemporain avec la voix parfaite mais vivante de Valérie Philippin [...] Quelque chose de cruel et de nostalgique comme un sacrifice de sang précolombien irrigue la partition : complexe et mystérieuse pyramide musicale, tour à tour chaude et dure. Goût du sillage, Europe voyageuse.
(Gaëtan Le Guern, Ouest France, 22 mai 2000)

Setting 20 th century Mexican poems for soprano, clarinet & percussion, this work (Nuevo Amor) was characterised by supple and lyrical vocal writing which was supported by a beautifully textured percussion part and by imaginative clarinet writing, mostly for bass clarinet, which made highly effective use of multiphonics.

(Russell Tandy - UMP News,  November 2000)

[...] Bruno Ducol possède un goût des plus sûrs. Quand il met en musique des écrivains tels que Tablada, Paz, Novo, Pacheco et Li Po ou le philosophe Héraclite, ce n’est jamais pour masquer la parole : il est de ceux qui accordent la prééminence au verbe. [...] Dans Nuevo amor, éloge de la parole poétique, où chaque syllabe est pesée, Virginie Pesch y est subtile et pudique à la fois, admirable “conteuse”, tout comme ses comparses ... Pas simplement parce qu’y flotte au début un léger parfum bussottien, l’Elégie est plus tournée vers le théâtre, qui superpose voix chantée et récitante. C’est encore une leçon d’économie et d’équilibre entre retenue et lyrisme qu’on entend là ...

(Dominique Druhen, Diapason, décembre 2000)

Ces pages [...] puisent, quant aux textes, à des cultures aussi lointaines que celles de la Chine et de l’Amérique latine. La vocalité témoigne ici, plus que jamais, de son universalité, parce qu’elle touche au coeur de l’humain. L’écriture très souple de Ducol, sans cesse attentive à la clarté et à la transparence de la musique, épouse les contours imaginaires de mondes poétiques diversifiés. Le soutien instrumental, lorsqu’il intervient, s’entend plutôt comme en résonance des voix, dont il ouvre plus large encore l’espace. [...] cette musique sert la voix, grâce à son écriture qui donne aux lignes le temps de se développer et aux voix celui de jouer de leur couleur et de leur tessiture.
(Philippe Charru - Études, mai 2001)

Au centre, l’oeuvre de Bruno Ducol révélait une musique forte, sans compromis, mais avec tendresse et sensualité. Les images fortes des poètes mexicains, teintées d’humour (Hanon) mais surtout d’interrogation humaine et amoureuse, étaient traduites avec sensibilité par la voix chaude de Chantal Santon, les sonorités raffinées des percussions d’Alain Pelletier et la présence “parlante” des clarinettes de François X. Bouton.
(Dominique Saur - La Nouvelle République, janvier 2003)