Musique de Chambre

Treize fenêtres

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Extraits

Les soupiraux du Tartare. In the dark

Charlotte Gauthier, Tanguy de Williencourt, Victor Hanna

 



Ensemble Pennetier, Paris 2009

 

Une trouée … Blue junction

Charlotte Gauthier, Tanguy de Williencourt, Victor Hanna

 

Les soupiraux (II)


Extrait de "l’œil écoute"
Réalisation vidéo : Lorenzo Brondetta et Yves Breux



Charlotte Gauthier, Tanguy de Williencourt, Victor Hanna

 

Une trouée de lumière II

CCharlotte Gauthier, Tanguy de Williencourt, Victor Hanna

 



Ensemble Pennetier, Paris 2009


Les claires-voies de la ténèbre


Extrait de "l’œil écoute"
Réalisation vidéo : Lorenzo Brondetta et Yves Breux



Charlotte Gauthier, Tanguy de Williencourt, Victor Hanna

 

La croisée noire. Black moves


La croisée noire
Extrait de "l’œil écoute"
Réalisation vidéo : Lorenzo Brondetta et Yves Breux


Black moves
Extrait de "l’œil écoute"
Réalisation vidéo : Lorenzo Brondetta et Yves Breux



Victor Hanna, percussion solo


Femme à la fenêtre

Marie Duquesnois, Florian Chabbert, Victor Hanna




Ensemble Pennetier, Paris 2009


La lucarnes des échappées

Marie Duquesnois, Florian Chabbert, Victor Hanna

 



Ensemble Pennetier, Paris 2009


Black moves II

Victor Hanna (percussion solo)

 

Les embrasures de Cupidon

Marie Duquesnois, Florian Chabbert, Victor Hanna

 



Ensemble Pennetier, Paris 2009


La baie des Anges. A blue note

Marie Duquesnois, Florian Chabbert, Victor Hanna

 

Jalousies de jardin

Marie Duquesnois, Florian Chabbert, Victor Hanna

 



Ensemble Pennetier, Paris 2009


Les tabatières de ton corps

Marie Duquesnois, Florian Chabbert, Victor Hanna

 


 

Musique de Chambre

Treize fenêtres

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Troisième cahier d’études rythmiques Op. 33
Commande de Musique Nouvelle en Liberté
pour 2 pianos, une percussion et voix préenregistrées
Création, Jean-Claude, France et Georges Pennetier
Paris & Los Angeles (2006)


durée totale : 28' ca


Le rythme de la vie,
cette vie qui sans les fenêtres s’étouffe et s’éteint


André Verdet



"Jalousies de jardin". Peinture de Fabien Ducol

La toile de fond de ce cycle musical s’inspire très librement des  Invenzioni capriciose di carceri de Piranese (vers 1760).  Sa trame rythmique de même que ses modes, partiellement redevables de l’Antiquité (à l’instar de ces ruines omniprésentes chez le graveur italien), en constituent la texture et se répètent à l’infini, à diverses échelles, mais parfois lacunaires ou en étranges échos, créant des motifs et perspectives énigmatiques comme dans l’architecture des Carceri.
Des fenêtres, baies ou lucarnes, aux formes et reflets inattendus viennent périodiquement perforer ce tissu nocturne où miroitent çà et là les couleurs chatoyantes d’autres espaces. À peine entr’ouverts, les soupiraux, jalousies ou croisées découvrent alors des tableaux d’époques et styles différents – de Rembrandt et Vermeer à Irvin et Tapiès – mais tous tissés sur la longue chaîne d’un canevas qui ne cesse d’interroger l’impermanence des choses et des êtres.
Enfin, comme gravés sur les cartouches des Carceri, des fragments poétiques de voix pré-enregistrées, inscrits sur la partition ou projetées près des tableaux, estampillent les voilages de ces Treize fenêtres. Ils en précisent le sens ou en décuplent les effets cependant qu’à rebours des inventions, filtrent peu à peu les souvenirs où se confondent les camaïeux du plaisir et de la souffrance. La récurrence de ces multiples impressions suffira à combler l’ultime pièce musicale. Mais, au lieu d’une réexposition classique, se dévoilent les mystérieuses Tabatières de ton corps, lesquelles invitent le spectateur de Picasso et tout l’auditoire à refaire le chemin, plus fantasmatique que réel, d’un autre « Temps retrouvé » où, comme chez Proust, s’inverse le rythme de vies successives révolues.

B.D. 05-10-05


Commande de la Ville de Paris (Musique Nouvelle en Liberté)


Treize fenêtres
pour 2 pianos, percussion et bande sonore op. 33

1 – Les soupiraux du Tartare. In the dark, d’après Piranese
2 – Une trouée … Blue junction, d’après Albert Irvin
3 – Les soupiraux (II) …
4 – Une trouée de lumière II. (… junction )
5 – Les claires-voies de la ténèbre, d’après H. van Rijn Rembrandt
6 – La croisée noire. Black moves, d’après Pierre Soulages
7 – Femme à la fenêtre. Immemorial serenity, d’après Jan Vermeer
8 – La lucarne des échappées, d’après Antoni Tapiès
9 - Black moves II, d’après Karel Appel
10 – Les embrasures de Cupidon. Open window, d’après Pierre Bonnard
11 – La baie des Anges. A blue note, d’après Henri Matisse
12 – Jalousies de jardin, d’après Fabien Ducol
13 – Les tabatières de ton corps. Inside & outside, d’après Pablo Picasso

Création avec le Trio Pennetier
et les voix préenregistrées d’Adèle Carlier, de Fred Cacheux
et des enfants Camille et Elsa

Salle Cortot, le 7 février 2006 à 20h30

Participation au «Mardi idéal »
Le mardi 31 janvier 2006,
Présentation d’Arielle Buteaux

« Le Chantier » de France-Culture
Le samedi 4 février 2006
Présentation : Gérard Gromer

Reprises :
Los Angeles
(USA), Getty center, le 2 avril 2006,
Orange County
, le 4 avril 2006
Elisabethtown
(Pennsylvanie). le 7 avril.
Chatellerault
, 30 novembre 2006,
Paris
, auditorium Landowski, le 14 février 2008
Lyon
, salle Varèse, le 21 novembre 2007
Paris
, espace Maurice-Fleuret, 6 janvier 2011
Paris
, auditorium Saint-Germain, 7 janv. 2011


 

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Presse

[...] Entrouvrons «Treize fenêtres» : le 3e cahier d’études rythmiques pour 2 pianos, percussion et voix, joue «sur plusieurs tableaux». Au fond d’un dispositif spatio-temporel complexe, les Prisons de Piranese installent leur machinerie sans mode d’emploi : elles drainent vers un présent suspendu les signes du passé antique, l’indéfini du châtiment sans motifs ni limites dans le temps. Sur ce «décor», les fenêtres, soupiraux et jalousies découpent leurs paysages, leurs entrées si différentes : à la clarté quasi-abstraite de Vermeer ou au bonheur sensuel de Bonnard ou Matisse se heurte le tenebroso de Rembrandt, Soulages ou Tapiès. La trame rythmique plus ou moins régulière «calée» sur le décor piranésien s’y modifie d’autant plus que s’ajoutent des inserts de voix pré-enregistrées, des citations en exergue (comme dans les «cartouches» au fronton de chaque monument gravé) ou dites par un récitant, orientant chaque pièce dans un sens qui se fait miroir de Chronos, Eros ou Thanatos. Ainsi à la 11e fenêtre, l’entrée en scène du Narrateur proustien (celui qui aura pourtant fini par avouer : «j’avais bien regardé ma grand-mère, et Albertine») : en voyage à Venise avec sa mère, et la regardant l’accueillir de loin avec amour, il sauve «une minute affranchie de l’ordre du temps». Avec ces méditations expérimentales, on est loin d’études rythmiques techniciennes ? Oui. Orphée merci ! A propos, quand vous allez à vos «fenêtres dormantes» qui sont «porte sur le toit», à quoi pensez-vous, et que voyez-entendez-vous ?
(Dominique Dubreuil, La lettre de Musique Nouvelle en Liberté,  Paris, janvier 2006)

Treize fenêtres at the Getty Center of Los Angeles
Trio Pennetier
: Jean-Claude et France Pennetier (piano),
Georges Pennetier (percussion)

[...] the North American premiere of Bruno Ducol’s “Treize fenêtres” - an enterprising attempt by the ensemble (witch commissioned it) to expand its repertoire. The roughly 25-minut work consists of 13 pointillistic vignettes featuring occasional taped voices and deadened plunking and strumming of piano strings [...]
(Richard S. Ginell - The Los Angeles Times. 4 avril 2006)

Bruno Ducol Treize fenêtres, opus 33
«L’atelier contemporain» de Corinne Schneider au Conservatoire national de région de Paris accueillait une «classe de maître» donnée par Jean-Claude Pennetier autour d’œuvres de Bruno Ducol (né en 1949). […] Jean-Claude et France Pennetier avaient choisi l’avant-dernière des sept Vibrations chromatiques (2001) de Ducol, «pièces d’études rythmiques» pour deux pianos faisant suite à un premier cahier de Six études de rythme (1992) pour piano seul. Dans cette Femme en transe par la fuite des étoiles filantes, que le compositeur qualifie lui-même de «climatique», l’économie de moyens – cordes pincées, marmonnement de la pianiste, brefs éclats des claviers – est inversement proportionnelle à la force poétique.
Bruno Ducol annonce pour janvier prochain la création de son quatrième cahier d’études rythmiques pour piano, percussion et grand orchestre : c’est un processus d’accroissement qui se poursuit ainsi, car le troisième cahier, intitulé Treize fenêtres (2006), est écrit pour deux pianos et percussion, un effectif correspondant à celui du trio formé en 2004 par les époux Pennetier et leur fils Georges, auxquels la partition est dédiée. Deux pianos et percussion accompagnaient déjà, dans Li Po (1994), soprano, haute-contre et chœur d’enfants, mais le propos affiche ici une plus grande ambition. Rythme antique fondamental et générateur, voix préenregistrées (chant, récits en français ou en anglais, fraîcheur des questionnements enfantins) venant colorer quelques pièces – on reconnaît certes l’élève de Messiaen et Schaeffer. Mais ces Fenêtres requièrent en outre un support visuel, avec la projection de tableaux (de Rembrandt à Tapiès en passant par Vermeer, Bonnard, Picasso, Soulages et Irvin) aux côtés desquels sont reproduits les textes préenregistrés. […] l’auditeur peut se livrer à ces vingt-deux minutes inspirées par les «prisons imaginaires» de Piranèse. Libre à lui d’associer ainsi ses propres images à ces ouvertures musicales sur l’enfermement dans la souffrance ou le plaisir, comme ces deux fugaces Trouées qui viennent aérer et éclairer Les Soupiraux du Tartare, ou bien les développements raffinés de la pièce conclusive, Les Tabatières de ton corps, invitant «à refaire le chemin, plus fantasmatique que réel, d’un autre Temps retrouvé où, comme chez Proust, s’inverse le rythme de vies successives révolues».

Simon Corley, Concerto-net.com