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Li Po

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Extraits

Solistes : Isabel Soccoja, Jean Nirouët, maîtrise de Radio France, dir. Bernard Desgraupes, Paris 1999


Li


Shou


Luciernagas alternas


Un pajaro


Donde esta Li Po


Nocturno alterno

 


Jean Nirouët, Marina Venant, Caroline Gesret
Paris, octobre 2009

 

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Commande d’Etat
pour  soprano  et  haute-contre  soli,  choeur d’enfants
(ou choeur féminin) 2 pianos et deux percussions, op. 22
1

Paris, Ensemble 2e2m, Maîtrise de Paris, dir. Robert H. Platz (1994).

durée : 17'33''


L’Orient et l’Occident sont sans cesse en quête l’un de l’autre :
ils doivent finir par se rencontrer.

R. Tagore

 


Li Po

 

C’est grâce à des séjours en Amérique latine ou en lointaine Chine, que j’ai pu apprécier les extrémités de la course quotidienne du soleil, goûter près de la Croix du Sud, la nuit de Tablada au clair de lune tropical, partager l’ivresse de Li Po, au pavillon du Dragon jaune ...

Le poète Chinois surnommé Li T’ai-Po (701-762), l’”Immortel banni sur terre” disait-on, est devenu célèbre en Occident grâce en particulier à Judith Gautier, Bethge et Mahler, Claudel, Eisler ou Webern.
Ayant joui pendant un temps de faveurs inouïes à la cour impériale, il dût, après diverses brouilles, s’exiler dans le Yun-Nan, le pays au Sud des nuages où coulent le Fleuve Rouge, le Mékong et d’autres. Selon une légende, il aurait quitté la terre, par une nuit d’ivresse, en essayant de saisir le reflet de la lune sur les eaux du Fleuve Bleu. Après un instant de trouble, l’image de “T’ai Po” (ou Vénus, l’étoile du berger) scintillait à nouveau à la surface des eaux.
Cependant, selon une autre légende - plus proche de notre Arion mythique - Li Po aurait disparu près des  Rochers de Couleur en chevauchant un dauphin qui le transporta aux pays des immortels, son lieu d’origine ...
Le Mexicain José Juan Tablada (1871-1945) est connu lui aussi des musiciens, surtout grâce à Varèse qui, dans ses “Offrandes”, extirpa toute l’énergie de l’un de ses poèmes.

Grand découvreur de l’art précolombien, Tablada acquit la magie et la concentration de son verbe au contact de l’Europe, mais plus encore de l’Extrême-Orient. Il introduisit notamment le Hai-Kù dans la langue espagnole et, séduit par la puissance de l’idéogramme chinois, il publia en 1920  Li Po y otros poemas, dont la typographie et l’esprit s’apparentent aux  Calligrammes d’Apollinaire.

Allant et venant d’Ouest en Est à la suite de Tablada, revenant au “Milieu”, le cinquième point cardinal des chinois, là où s’effectue le voyage - dans le temps celui-là - sur un char de nuages, plus mythique que réel, vers la civilisation des Anciens ou des Immortels, j’ai composé “Li Po”. Ou plutôt, comme dans une chaîne herméneutique, j’ai recomposé “Li Po”, tendant avec mon solfège et mes signes, les fils ténus qui relient Orient et Occident, l’ancienne dynastie Tang et le vingtième siècle finissant. À la manière d’une toile d’araignée, ils forment à ma fenêtre un store de perles de cristal, et à travers l’écran diaphane, je contemple la lune d’automne (Li Po)


A-t-on besoin de comprendre autre chose ? Dans les mots, le rythme et la polytonie spécifiques  de Li Po, la musique de Tablada ? Ce que j’ai fait à mon tour ? Disons ici, comme Roland Barthes parlant du Hai-Kù : “Le sens n’y est qu’un flash, une griffure de lumière” [...].

Bruno Ducol, Paris, 06-10-94.

1 Li Po est dédié à Patrick Marco et la Maîtrise de Paris. Éditions Alphonse-LEDUC, Paris, 1995.

 

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Dans Li Po (1994), les sonorités à la fois claires et douces des instruments à lames et de voix presque immatérielles s’emploient à évoquer à la fois le poète au chant «sonore comme une tasse de jade» et l’astre aux faces alternatives dans le reflet duquel, ivre de vin, il se noie finalement. Car c’est à la lune énigmatique, à l’astre des rêveurs inquiets que s’adresse, zigzaguant à travers le poème en forme de calligramme, cet hymne mélancolique chanté presque toujours à voix simultanées. Cependant le dynamisme qui emporte toute la deuxième section, à partir d’un double solo de percussion et piano, fait alterner les différents poèmes pour évoquer aux choeurs divisés le poète qui se livre à ses facéties. (Daniel Durney, jacquette du CD Eclats et autres pièces vocales, HM76, 1999).

[...] Bruno Ducol possède un goût des plus sûrs. Quand il met en musique des écrivains tels que Tablada, Paz, Novo, Pacheco et Li Po ou le philosophe Héraclite, ce n’est jamais pour masquer la parole : il est de ceux qui accordent la prééminence au verbe. [...] Li Po, ce petit bijou, est merveilleusement servi dans cet enregistrement, surtout par la maîtrise de Radio-France [...] Dans Nuevo amor, éloge de la parole poétique, où chaque syllabe est pesée, Virginie Pesch y est subtile et pudique à la fois, admirable “conteuse”, tout comme ses comparses ... Pas simplement parce qu’y flotte au début un léger parfum bussottien, l’Elégie est plus tournée vers le théâtre, qui superpose voix chantée et récitante. C’est encore une leçon d’économie et d’équilibre entre retenue et lyrisme qu’on entend là ...

(Dominique Druhen, Diapason, décembre 2000)

Ces pages [...] puisent, quant aux textes, à des cultures aussi lointaines que celles de la Chine et de l’Amérique latine. La vocalité témoigne ici, plus que jamais, de son universalité, parce qu’elle touche au coeur de l’humain. L’écriture très souple de Ducol, sans cesse attentive à la clarté et à la transparence de la musique, épouse les contours imaginaires de mondes poétiques diversifiés. Le soutien instrumental, lorsqu’il intervient, s’entend plutôt comme en résonance des voix, dont il ouvre plus large encore l’espace. [...] cette musique sert la voix, grâce à son écriture qui donne aux lignes le temps de se développer et aux voix celui de jouer de leur couleur et de leur tessiture.

(Philippe Charru - Études, mai 2001)

Un duo vocal, une maîtrise et un ensemble instrumental créent un monde onirique, volontiers parsemé de sonorités rares, fines et nuancées, d’un caractère souvent immatériel. Tout dans Li Po doit amener l’auditeur à affiner son ouïe et à perdre ses points de repères. [...] on atteint ici à une vérité culturelle authentiquement moderne, sans que jamais le compositeur pastiche quelque musique que ce soit, et sans qu’il renonce à ses propres préoccupations créatrices.

(Jacques Bonnaure - La Lettre du Musicien, avril 2001)

[...] Li Po de Bruno Ducol, se caractérise par l’hispanisme d’un chant ensoleillé [...] D’une rudesse bien restituée par un choeur féminin, deux solistes, deux percussions et deux pianos, cette recréation tresse un lien ténu entre Orient et Occident.

(Franck Mallet - Le Monde de la musique, mars 2004)

Monde merveilleux, irréel, émotion intemporelle. Les voix, immatérielles, semblent s’épandre peu à peu dans l’espace ; les paroles d’une rare beauté, d’une grande finesse et d’une très belle délicatesse, paraissent s’envoler vers le ciel. Le mariage entre l’histoire chinoise et les paroles espagnoles est original. Li Po est une musique venue du coeur de la terre, de la nuit des temps, c’est la mélodie de l’histoire et de ses enfants, les hommes : magnifique et génial.
(Des élèves du Lycée Clémenceau de Montpellier - in La Lettre du Musicien,  avril 2001)