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Élégie ou le manteau des Parques

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Sopr. Isabel Soccoja, basse, Jean-J. Doumène, Récit. Consuelo Caroli, ensemble Erwartung dir. Bernard Desgraupes, Paris 1999

 

 

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pour soprano, basse, récitante, percussion,
2 clarinettes, 2 violoncelles et DEA, Op. 29

Commande d’Etat pour l’ensemble Erwartung (1999)

CD MFA-Radio-France / HMCD 76, oct. 2000

Virginie Pesch, soprano, Jean-Jacques Doumène, basse, Consuelo Caroli, récitante. Ensemble Erwartung, dir. Bernard Desgraupes.

durée : 11'15''

Point de musique véritable qui ne nous fasse palper le temps
(Cioran, Syllogismes de l’amertume)



Bruno Ducol et Bernard Desgraupes. Photo : Christophe Abramowitz - Radio France

Les textes de même que les voix et instruments de cet op. 29 sont à peu de chose près les mêmes que ceux de ma Scène trois composée en 1986. Ainsi, Élégie ou le manteau des Parques se présente comme le prolongement ou la relecture de Novo. Nouvelles variations sur un même thème poétique. C’est un peu comme si à 15 ans d’intervalle, je tentais - à la manière d’Héraclite - de replonger dans le même fleuve ; l’eau comme moi-même sommes devenus autres à tel point que la matière poétique et musicale apparaît sous une aube nouvelle, métamorphosée.

Comme dans Scène trois, quatre positions particulières des chanteurs et instrumentistes, équivalent à de nouveaux éclairages et diverses répétitions du même poème. Avec ces “lectures”, rendues manifestes par la mise en espace prévue pour chaque exécution, on pourrait dire, comme le H. de Robert Pinget, que surgissent les

Variations d’un faux pluriel qui ne serait autre ...
qui ne serait autre ...         
qu’un singulier épars, éparpillé, disséminé, disséqué,
disjoint, dissout, distordu, discontinu ...
1

L’ Elegia de Salvador Novo2 conserve le charme particulier de l’élégie archaïque (Elegeia  signifie plainte, gémissement), avec l’ asymétrie et l’irrégularité de ses vers qui lui donnent l’allure d’une improvisation. Curieusement, le sens qui semble se perdre dans les longs méandres du poème filtre par bribes, parlées ou chantées dans sa version originale (mexicaine) ou ses diverses transcriptions.
Tout au long de l’ouvrage, la voix parlée se transforme lentement jusqu’à se fondre et disparaître - comme les dernières traces de sens - dans la masse sonore.


1 Robert Pinget : Un testament bizarre, Paris, Minuit, 1986, p. 60.
2 Salvador Novo : Elegia fait partie de son livre Amor nuevo (Mexico 1933) dédié à F.G. Lorca qui en a illustré la première édition.

 

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L'Elégie [...] et son extrême raffinement de mise en espace physique et psychique du poème. Le double fond (absence-présence), son côté “nous ne sommes pas au monde”, la superposition des langues, l’entrelacs des voix en incantation (hispanique) ou en profération et des instruments qui rejoignent cette fonction, “l’écoulement de toute chose” qu’instille en arrière-plan l’énoncé d’Héraclite composent un temps suspendu troublant. Et avec les autres recueils où se mêlent Espagne (élargie) et Chine, on se sent approcher d’un monde en état de table d’harmonie, d’une culture qui réunirait dans un espace évidemment imaginaire le Calderon de La vie est un songe, le Claudel du Soulier de satin et tout ce que le roman latino-américain du baroque revisité offre en pleine richesse ...


(Dominique Dubreuil - Plumart, décembre 2002)